Le monde tranquille de Marion

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08 mai.

Absence momentanée

Je fais le pont ce week-end, et je serai coupée d’Internet pendant ce temps là. J’ai peur mais je sais que je peux y survivre.

Blague à part, pas d’articles jusqu’à mardi, date à laquelle je reviendrai après quelques jours de soleil, j’espère.

Je reviendrai également avec une surprise à vous annoncer, qui je crois risque d’être assez marrante. A suivre !


07 mai.

Canard

J’écris un peu ces portraits au compte-gouttes. Ce n’est jamais facile de faire le portrait de quelqu’un, il sera forcément partial, incomplet, voire parfois même beaucoup trop élogieux.

C’est le cas du portrait de Canard, qui me tanne pour que je lui en fasse un. C’est pourquoi je n’utilise pas son vrai prénom, histoire que son légendaire égo démesuré reste bien en place…

(Je plaisante Canard, je plaisante)

C’est un garçon. Il est célibataire alors je dirai bien aux filles qui passent par là de lui foncer dessus, mais non il n’en a pas besoin. Mais alors pas du tout.

Il est intelligent aussi. A un point même que cela en devient limite pénible. C’est chiant les gens qui ont souvent raison.

Je lui dois beaucoup aussi. Pas seulement parce qu’il est une espèce de magicien qui me booste ma ridicule confiance en moi en quelques phrases bien placées.

Il est perpétuellement en quête de sens et en introspection: son côté artiste sans doute. Je crois qu’il a même de l’éthique et de la morale. La preuve que ce genre de choses existe encore.

C’est le genre de mec qui donne tout voire plus à ceux qui lui sont chers alors qu’il est impitoyable avec les autres. Je me dis que j’ai de la chance d’être dans ses petits papiers. Le plus drôle c’est que c’est uniquement depuis que je suis sur Paris qu’il représente tout ça, alors qu’on se connait depuis beaucoup plus longtemps. Comme quoi, l’amitié tient à très peu de choses finalement.

Bon il a des défauts aussi : il est buté (très), mégalo (un peu), opaque, incompréhensible par le commun des mortels la plupart du temps et il peut être encore plus peste qu’une collégienne.

Mais je crois que ce que je préfère dans le fond, c’est qu’il rigole à toutes mes blagues, mêmes les plus mauvaises.


06 mai.

Epistolaire

Je suis une geekette épistolaire. J’aime les machines, la bidouille, les gadgets, mais j’aime avant tout la communication numérique. Ecrire des trucs abscons, presque drôles ou bien très bêtes sur le Web (ceux qui suivent mes twits peuvent confirmer) on peut dire que j’adore ça.

Alors quand je tombe sur un mec avec lequel je communique uniquement par écrit je m’amuse comme une petite folle.

Après notre « torride » entrevue de lundi dernier, on a développé une relation épistolaire via Facebook. Petit jeu où je suis généralement assez forte, car je peux tour à tour me montrer intelligente (haha), sensible (hahaha), drôle (ou pas), charmeuse (mais avec lui c’est facile). Je peux aussi le chambrer sur sa façon d’écrire : sans fautes mais mal ponctué, avec un pur style factuel de juriste. (Désolée pour les juristes). Bac+ 6 (et des poussières) et ne pas savoir écrire, moi je trouve cela dramatique.

Lors de notre rencart clandestin, il m’avait dit qu’il ne me donnait pas deux semaines sur le marché parisien, un peu comme si une célibataire était un jeune dynamique en recherche d’emploi à Vancouver. Je lui ai donc rappelé cet état de fait dans mon dernier message, voici sa réponse :

« Chère Madame,
c'est avec plaisir que je reviens vers vous dans le cadre de notre correspondance sucrée...
j'ai pris plaisir à vous lire...mais sachez que loin de moi est l'idée de vous donner deux semaines sur le marché...
je souhaiterais que nous puissions nous entretenir demain soir à mon domicile autour d'un reste de champagne...
Je demeure, Madame, votre serviteur. »

(Dramatique le style, dramatique)

Voilà, je suis juste morte de rire.

Maintenant, à moins de lui faire croire que j’ai mes règles, encore que je doute que cela le dérange beaucoup, je ne vois pas comment je peux échapper à la casserole si je m’y rends. Comme je n’aime pas mentir qui me propose un truc demain pour lui dire que non je peux pas, j’ai piscine ?

''Nb : et qu’accessoirement je ne bois pas du champagne éventé. Ah mais. ''


Typologie des connards

Quand je disais que j’étais une anthropologue des connards, je ne plaisantais pas. A force de les observer dans leur milieu naturel j’ai même réussi à en établir une typologie totalement arbitraire et partiale, mais je ne prétends pas à l’exactitude scientifique non plus. Les rapports amoureux sont une science inexacte.

Le connard connard

Le premier de tous, le plus simple, mon préféré. Celui qui ne s’embarrasse même pas de mentir, il est un connard, il l’assume et le vit très bien, merci.

Connard 1er m’a proposé que l’on organise nos retrouvailles dans deux semaines parce qu’avant il a trop de taf. Je lui demande si ce n’est pas parce que sa blonde est en vacances à ce moment là. Réponse du monsieur : « Ah non, elle part demain en vacances, et elle sera donc là quand je serais disponible pour te voir, je ne suis pas pathétique à ce point ». Traduction : Je me fous totalement qu’elle le découvre, ou bien qu’elle débarque chez moi à l’improviste et que tu doives fuir par la fenêtre sans ton string.

Sexy Bâtard, maitre ès saloperie, quand je lui disais « mais attends tu as même pas appelé », il répondait tout simplement « et alors ? », ou bien « je ne vois pas le rapport ».

En même temps, ce sont les plus faciles à gérer, on sait à quoi s’en tenir.

Le connard déguisé en mec bien

Celui là est très dangereux. Dans le fond c’est un connard, il agit pour lui, pour son propre petit intérêt, et tant pis pour les dégâts collatéraux. Mais contrairement au Connard Connard qui ne tente pas de cacher sa nature, il agit masqué et revêt un joli déguisement de mec bien. Ainsi, il peut vous extorquer votre affection, votre amitié (et oui…), votre string. Puis un jour vous remarquerez que c’est un connard car le costume ne dure pas éternellement. Et là, ça fait mal. Déception, larmes, cris, insultes. Tout ça.

Le connard qui cherche la femme de sa vie dans le fond.

Danger. Danger. Danger. Celui là est un connard qui chope, chope et rechope. Mais dans le fond, à chaque fois qu’une fille lui parait se différencier de la masse, il va se mettre à y croire, il se dit qu’il va pouvoir arrêter de courir à droite et à gauche. Il en deviendrait presque un mec bien. Sauf qu’il va réaliser à un moment ou à un autre que la fille en question n’est pas la femme de sa vie et va se tirer sans demander son reste. Enorme déception pour elle, qui y croyait, larmes, cris insultes, tout ça.

En attendant d’un jour devenir une anthropologue des mecs bien, si, Je vous jure que j’aimerai; je poursuis mes expériences avec Connard 1er : « On doit se revoir ». A suivre donc.


03 mai.

Le hit des Relous

Il y a des choses à ne pas me dire. Sinon on réveille la bête sauvage qui sommeille en moi. En général ce sont les phrases qui contiennent les mots « apéro », « soirée », « drague », « beaux mecs ». Juste un ou tous à la fois, la bête n’est pas difficile.

Alors quand Zaza me dit « On va draguer dans un bar australien ça te tente ? » ? La bête danse la Rumba toute seule derrière MSN, saute dans la douche, enfile son short, son tee shirt préféré et cours aussi vite qu’elle le peut dans le métro.

La bête est bien souvent reloue, ce qui fait que le lendemain j’en suis toujours à m’excuser de toutes les insanités qu’elle a pu faire subir aux personnes qui l’entouraient.

Sauf que dans ce bar là, la bête a été battue à plate couture : elle est tombée sur un troupeau de bêtes encore plus féroces et reloues qu’elle. Voici mon top trois des relous du soir, le meilleur étant à la fin:

Relou numéro 3 : Jesse from New York.

En fait un Black habillé bling-bling qui tentait de nous faire croire qu’il était américain, alors que son accent français était encore plus à couper au couteau que le mien.

Relou numéro 2 : l’andouille

Je suis méchante, mais pour le coup, je n’ai écouté ni son prénom, ni ce qu’il avait à dire. Il a d’abord commencé par parler à Isa, nous expliquant qu’il est venu tout seul, qu’il fait ceci, et cela. Puis à un moment il passe à moi « Tu parles pas beaucoup toi ! »

Et ta sœur ? Je ne te parle pas à toi, c’tout. Ah mais.

Comme je suis une chic fille, je lui parle. Il me demande ce que je fais dans la vie, je lui explique que je suis en stage de chef de projet Web. Réponse du monsieur : « t’es déjà chef à ton âge ? ». Hemph.

Relou numéro 1 : Le danseur de Zouk love

Sur la piste, je tente de bouger mon body pas souple pour deux sous quand Cécile me fait remarquer que le grand brun mignon pas loin me mate férocement. Elle me dit d’attaquer, parce que bon il est pas mal. Je lui fait donc mon plus beau sourire en continuant de « danser ». 10 minutes plus tard, il me fonce dessus, m’attrape par la taille, se colle tout contre moi : « Tu danses ». Et ce n’était pas une question. Je n’ai pas le choix.

Je tente d’entrer en communication avec lui, de lui demander si hormis danser avec des filles il a des passions, des hobbys des marottes, s’il préfère la poésie russe ou le cinéma coréen.

Mais non, c’est un échec, il se contente de m’aggriper la taille et de frotter sa virilité sur ma cuisse en rythme avec la musique.

Je l’ai dégagé proprement.


02 mai.

J'embrasse pas

Dassou, ma meilleure amie de toujours, pour ceux qui ne suivent pas, me dit toujours « Mais enfin Marion tu ne peux pas t’empêcher de rouler des pelles hein ? A chaque soirée c’est le même cinéma ! »

Il faut savoir d’abord que si j’embrasse c’est pour tester la marchandise, parce que c’est important le feeling d’un roulage de pelle : de là découle tout le reste. Je ne suis pas de mauvaise foi, non non. Il y a ceux qu’on veut emprisonner dans une pièce afin de continuer à leur rouler des pelles pour toujours, et puis... Il y a les autres.

Sauf que parfois, je n’embrasse pas.

Si le mec ne me plaît pas physiquement, non je n’embrasse pas. Ou alors s’il a le cerveau d’un bulot pas cuit, non plus. S’il manque d’humour, pas mieux.

S’il a de l’herpès, qu’il tousse, qu’il éternue, j’évite, je tiens à ma santé quand même.

Par contre parfois j’ai de gros doutes. L’autre soir, j’étais à une soirée déguisée. Il y avait un mec en catcheur mexicain. Donc visage masqué, tee-shirt moulant et slip : un corps de statue grecque, pecs, abdos, biceps, épaules, tout là où il faut, comme il faut, dans de jolies proportions. J’ai donc passé une bonne partie de ma soirée à lui mettre la main aux fesses.

Notons qu’il cherchait à affoler les filles à s’exhiber ainsi (Moi aussi je peux parler comme un macho des années 60). Puis au bout d’un moment à force de se croiser et de mutuellement se tripoter pour de rire, on a commencé à discuter.

A un moment comme on s’entendait bien et qu’il commençait à me faire quelques compliments, j’ai eu un doute : j’attaque ou pas ? Son visage étant masqué, je tendais à me méfier.

Dans le doute, je me suis abstenue.


Culture geek, ou pas

L’autre soir, j’étais dans un bar. Samedi, pour être précise, je ne passe pas mon temps dans les bars non plus, des fois je prends même le métro. Bref, cela dansait à droite à gauche. Un jeune homme s’approche de moi, il porte un tee-shirt avec marqué « Copy left ». J’en crie de joie :« ohhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh !».

Un Geek ! Dans un bar en plus ! Copain !

Je lui dis donc : « hé ! Espèce d’Open Source ! »

Il m’a regardée bizarrement, comme si je lui proposais cash une pratique sexuelle particulièrement violente… Puis il est parti.

Pour l’amour du ciel et de la culture générale: merci de porter des tee-shirts à message seulement si vous en connaissez le sens.

J’vous jure.


30 avr.

"Pourquoi t'es encore célibataire?"

C’est la question que toute personne célibataire fortement intéressée par une autre personne célibataire lui posera à un moment ou à un autre. A la longue je suis sûre que cela pourrait être interprété comme un signe clair d’intérêt et devenir l’équivalent du « tu veux sortir avec moi ? » de nos douloureuses années collèges. Un code, un rite qui dit « toi plaire moi ». Connard 1er a d’ailleurs osé me la poser, ce qui montre le manque de subtilité de la question.

Mais c’est juste le test le plus parfait pour détecter la petite bête, le truc caché qui nous dit « n’y va pas », « n’y va pas » plutôt que « c’est pour toi que j’irai là bas. »

Voyons voir ce que l’on peut répondre ; en toute honnêteté et toute franchise évidement.

« J’ai vécu une histoire longue et j’ai eu du mal à m’en remettre. » Horreur malheur, j’entends déjà les casseroles tinter derrière la personne : ex copine jalouse, cœur brisé, alcoolisme pour oublier. Sauf un certain penchant pour le drame et l’assistanat social, mieux vaut partir sans se retourner.

« J’ai jamais trouvé quelqu’un avec qui j’accrochais vraiment ». Un éternel insatisfait ? Aïe, tout porte à croire que vous non plus vous ne serez pas ce crochet parfait.

« Je suis beaucoup sorti et j’ai eu quelques petites histoires ». Ainsi que beaucoup de one-shots. La lanterne rouge du crevard se met à clignoter sournoisement.

« J’ai rencontré les mauvaises personnes (connards, salopes, grognasses, pédés, lesbiennes, etc) ». Bon à partir d’un moment quand on ne rencontre que des mauvaises personnes c’est qu’on le fait exprès. A ce niveau là c’est la névrose qui pointe. (Et je sais de quoi je parle)

« J’ai vécu plusieurs histoires longues et là la dernière s’est terminée ». Un point ! Cela montre que tu n’es pas un enfoiré affectif inapte à s’engager. Après reste à savoir pourquoi toutes ces relations ont foiré…

Ce n’est pas simple, le mieux à faire finalement serait de ne jamais répondre et de rouler une pelle à la personne directement : on gagnerait du temps. Mais la bienséance veut que l’on réponde aux questions. On peut se faire une version plus Aldo Maccione à Saint-Tropez : « c’est parce que je ne t’ai pas encore rencontré (e) »

Quant à moi, si on me pose la question je peux dire au choix que je n’ai vécu qu’un enchaînement de catastrophes plus prévisibles les uns que les autres et que je collectionne les mecs pas fait pour moi aussi joyeusement que d’autres collectionnent les timbres.

Ou alors je peux mentir et dire « Ah mais c’est parce que pendant 5 ans j’ai consacré tout mon temps à mes études et mes potes, il n’y avait pas trop de place pour un mec ».

Je passe ainsi pour une intello et une no life, ou bien une alcoolique potache, pour ceux qui connaissent la réalité de la vie étudiante, reste à savoir si c’est mieux que se passer pour une névrosée.

Mais depuis Paris j’ai une technique imparable : « Bah, c’est normal cela ne fait même pas deux mois que je suis sur Paris ».

Le coup de la provinciale égarée, cela marche à tous les coups. A croire que les garçons adorent tout ce qui sent le savon.


29 avr.

Parlez vous le Connard?

Ce matin j’ai reçu un message Facebook de Connard 1er qui proposait que l’on se voie plus tôt que vendredi.

Que ce soit clair, ce mec, c’est un connard de compétition à un point tel qu’il en devient transparent. C’est un cas d’école, un truc que j’aimerai enseigner à ma fille un jour pour lui apprendre à se méfier, et à mon fils pour qu’il soit plus subtil que ça. Regardez un peu l’artiste :

Dans son deuxième message il me propose « ce soir alors, j’aime pas le lundi soir ». Le lundi ça sonne louche pour un rendez vous amoureux, cela rime plutôt avec adultère et portes cochères.

Je râle je proteste comme quoi je serais pas présentable. Je tente de décaler au lendemain. Peine perdue, il m’annonce qu’il a un truc très important avec des gens très importants le lendemain. Au passage il me place donc l’air de rien qu’il a un taff super génial et qu’il a donc plein de pognon.

Il propose qu’on aille juste boire un verre pour ce soir et qu’on remette une vraie soirée à plus tard. Autrement dit, juste une petite pipe pour ce soir, on couchera ensemble une prochaine fois.

Je suis une kamikaze, une anthropologue des connards : j’y suis allée, comme un seul homme, le temps de changer de robe, d’enfiler des sous vêtements tous pourris en guise de pare feu (on sait jamais), un gilet, et hop là me voilà partie.

Entre temps je reçois un message de sa part qui me demande si je suis d’accord pour aller chez lui car il pleut, histoire d’alléger sa réserve d’alcool. Traduction : je veux bien coucher avec toi ce soir en fait.

Il vient me chercher au métro, on marche jusqu’à chez lui. Comme par hasard il a du champagne au frais. Le mec qui n’a pas prévu son coup du tout. Mais pas du tout.

On discute, on rigole. Il me dit qu’avec sa copine ça va pas, qu’il va la quitter, qu’elle lui a fait une crise de jalousie à cause de la « fille en rouge » à la soirée, qu’elle ne comprenait pas quand il lui disait que s’il me parlait c’était parce qu’on avait fait les mêmes études et que j’étais intéressante. Genre.

On parle de vrais trucs intéressants pour de vrai. Il me sert, et re-sert en champagne :
« Hé, essaie pas de me saouler, tu n’y arriveras pas !
- Mais pourquoi j’essaierais de te saouler ? »

Hum. Comment dire ?

A un moment, il me saute dessus. On se roule une pelle.

« Mais enfin Connard, tu m’as pas dit que tu avais une copine ?
- Ouais mais je vais la quitter…
- Elle est très très belle d’ailleurs. »

Et là, il m’a répondu cette phrase absolument mythique, que l’on peut inscrire au panthéon des goujats : « Non mais tu sais, la beauté ça fait pas la salade, j’ai envie de m’intéresser à des filles qui on des trucs à raconter. »

La salade, oui. Parfaitement.

Il devient très entreprenant. Ma robe a bien failli disparaître dans la bataille. Mais je résiste, et je lui dis que je ne couche pas le premier soir, parce que j’ai des principes. J’ai osé, je sais.

Il accepte en rechignant, en faisant tout de même de vaines tentatives. Il me raccompagne au métro, en me disant les trucs qu’il aurait aimé me faire, qu’il a envie de faire l’amour à un cerveau, que sa nana est un meuble, qu’il va la quitter, et qu’il m’appelle demain. De mon côté, je lui promets de mettre une robe jaune pour la prochaine fois qu’on se verra, ce qui l’a beaucoup fait rire, l’animal n’étant pas non plus totalement dénué d’humour.

En attendant, il l’a derrière l’oreille.


28 avr.

Le bricolage relationnel

Il y a quelques semaines, j’étais allée boire un Coca avec un lecteur de la première heure. Ancien lyonnais, cela fait deux ans qu’il est à Paris. Tous les deux on a fait la même observation sur les différences entre nos vies de provinciaux et nos vies parisiennes.

A Lyon, dans cette jolie ville de province. Tous nos potes sont en couple. Du genre sérieux. Casé, maqué, installé. Limite on en est à se demander quand est ce qu’ils vont faire un petit. Quand je faisais des soirées filles, j’étais le phénomène de foire, la distraction, une sorte de one-woman show qui raconte ses histoires de merde. Vu qu’elles avaient toutes un copain qui les attendait.

Des fois c’était drôle, parce que les prétendants d’une célibataire on peut en dire du mal gratuitement, et en rire en sifflant le vin blanc. D’autres fois, c’était carrément moins marrant, comme quand avec une copine de Dassou j’avais eu cette discussion cultissime :

« Mais Marion tu es célibataire ?
- Mais oui pourquoi ?
- Bah ça va ? Tu le vis bien ?
- M’enfin oui…
- Mais tu ne te sens pas trop seule ?
- Mais pourquoi je me sentirais seule ?
- Bah t’as pas de mec… »

Dire que des générations de femmes ont manifesté pendant cent ans pour obtenir l’égalité… Bref.

Le jeu aussi, c’était de me présenter les copains célibataires des uns et des autres. Bon je ne reviens pas sur les calamités successives : les fous, les dépressifs, les instables, etc.

Et j’exagère à peine ce côté Bridget, je vous le jure.

Par contre ici, dans les quelques cercles dans lesquels je gravite, c’est la bidouille généralisée.

Je passe une soirée avec dix personnes de mon âge et plus. Tous célibataires et affiliés.

Je vais chez Flo, qui est morte de faim, rappelons le, elle nous ramène deux de ses potes, plutôt parfaits de leur personne (mignons, grands, drôles, sympas, taff qui tue) : en pleine bidouille avec des filles obscures. Isa bricole, je fais de même. Simon couche à droite à gauche. On se prévoit des soirées chasse entre filles. Un des seuls mecs en couple que j’ai croisé m’a lamentablement draguée.

On fait du bricolage relationnel. Toujours plus ou moins quelque chose en tête, que ce soit quelqu’un ou les restes d’une vieille histoire qui se traine en longueur, mais au final il n’y a rien de concret. On rapièce, on se fuck-friend, on invente de nouveaux concepts pour avoir nous aussi droit à un peu de tendresse.

Je préfère ce bricolage-là à mon bête de foirisme lyonnais. Carrément.

Parce que j’ai l’impression de retrouver mes 18 ans, quand on se faisait des virées sorties entre copines, et que le lendemain on se racontait qui on avait dragué. Parce que même si on râle, si on proteste en terminant des œufs brouillés vers 5 heures du matin : « instables de mecs !», c’est rudement bien de se sentir un peu insouciant de temps en temps.


27 avr.

Machistadorette

Dans la vraie vie, je suis une super pote. Le syndrome de la bonne copine, c’est pour moi. Mes copains hétéros me racontent leurs vies amoureuses, je fais le coach personnel, je corrige les SMS. Et je peux même en faire un blog.

Sauf que. En soirée, je me métamorphose en une redoutable machine à draguer.

Cela commence comme d’habitude. Une soirée, un apéro, un dance-floor, des pintes de bière. J’accompagne Zaza et ses potes : des filles et des garçons célibataires.

Je commence à déconner avec un des garçons, pas mal et plutôt sympa. On se partage même une bouteille de rosé au goulot dans le métro. Dans la soirée, il me cite à un à un les mecs qui me matent. Oh ! Chouette ! Un nouveau copain hétéro. Puisque cela semble être la règle, je fais pareil avec une des filles, je lui dis qu’elle a une touche avec le mec au fond là bas. Elle m’explique doucement que j’ai une touche avec mon nouveau copain hétéro.

Ah. Mais pourquoi il joue le pote ?

Je déteste les gens qui brouillent les pistes en fait, c’est déjà assez dur de savoir si on plait à quelqu’un, alors si en plus il faut décrypter des signaux de fumée derrière une attitude de super pote. Sans déconner c’est un coup à se jeter dans la Seine.

Je n’ai donc pas pu m’empêcher de lui rouler une pelle pour l’empêcher de faire le bon copain. Admirez ma générosité.

5h30. Premier métro. Mon chevalier servant descend sagement deux arrêts avant moi : j’avais poliment décliné sa proposition de s’inviter chez moi.

Une fois seule dans le métro, pour tuer le temps je commence à converser avec un charmant jeune homme qui me faisait des sourires. D’ailleurs c’est vachement bien le métro parisien à cette heure là. Il n’y a que des gens qui rentrent de soirée avec le teint vert et des cernes sous les yeux. On n’est pas au mieux de sa forme, mais pour draguer c’est tellement facile.

J’apprends que lui aussi vient d’arriver de Lyon pour un stage sur Paris. Il doit descendre juste une station après moi. Cela commence à faire beaucoup de points communs. Je descends à ma station. Je lui fais un signe de la main en battant des cils. Sur le quai, je me retourne pour un dernier coucou. Il sort du métro : « je pense que ça me ferait pas de mal de marcher un peu ».

On marche, on papote, on stagne cinq minutes là où nos chemins se séparent. Chabadabada. On se fait la bise pour se dire au revoir, on part dans des directions opposées. Chabadabada.

Je compte jusqu’à deux. Je me retourne, il était toujours au même endroit, à ne pas savoir quoi faire. Chabadabada. Je fonce sur lui : « tiens prends mon numéro ». Il tente de me rouler une pelle, je lui fais la bise, plutôt. Je rentre me coucher.

Je suis une missionnaire de la drague, je l’avoue.


25 avr.

La mort téléphonique

A 16 ans j’ai été frappée d’une sorte de malédiction. Je rencontrais un garçon, en boîte de nuit évidement, je ne draguais pas au lycée, il ne faut pas déconner avec ma timidité. On allait boire un verre, mater un film au cinéma. On discutait, on rigolait, j’avais le cœur qui s’emballait s’il me prenait la main, j’analysais le moindre geste, et j’en faisais un compte rendu à mes copines, avec force de détails et d’extraits de conversation.

Puis. Puis. Puis plus rien. Il disparaissait de la circulation. Ne répondait plus aux SMS, vu que je n’osais pas téléphoner. J’avais appelé ça la mort téléphonique.

Le plus grand et le plus fort de tous s’appelait Thibaut. Rencontré au hasard d’une soirée. Il était beau, il était drôle, il sentait bon la vodka coca. J’avais décidé que c’était l’homme de ma vie. Pas de suite dans la soirée hein. Mais après, quand on s’est revus, même s’il ne se passait rien de folichon, juste parce que je l’avais croisé dans mon bled paumé à un concert pour la fête de la musique alors qu’il n’habitait pas vraiment dans le coin. Parce qu’un hasard pareil c’était un signe vous comprenez. J’étais en fin de seconde, il m’en fallait peu.

Puis il me fait sa première mort téléphonique. Je suis effondrée, je maudis ces salauds de mecs, ces lâches sans scrupules. De Tiébotoi, surnom inventé avec Dassou un soir d’imitation d’accent italien, il devient Tiélachetoi, alias TLH, acronyme que j’ai inlassablement griffonné sur tous mes cahiers de l’époque.

L’année suivante, je l’ai recroisé, par hasard encore. Re homme de ma vie, c’était obligé ! Après un an, se retrouver comme ça, cela ne veut pas dire autre chose. J’étais en première, il m’en fallait toujours très peu.

Il a en quelque sorte popularisé le concept. La terrible mort téléphonique. Grâce à lui j’ai pu dire pendant mes années lycée que les mecs étaient lâches et cons. C’est rassurant de voir que je ne change pas finalement.

Il y en a eu plein d’autres de morts téléphoniques en plus : Alcool, t’es mon seul grand amour, les autres se sont tirés ! (cf Marina Foïs dans Filles perdues cheveux gras) Et Mickael et Thibaut, et Gérald, et Aurélien…Hips !

L’enfer absolu sur terre. Le pire c’est qu’à l’époque on pouvait disparaitre purement et simplement : on ne se connaissait ni d’Eve, ni d’Adam. Aucun pote en commun, pas encore de visibilité numérique pour se trouver sur Facebook. Pire on n’échangeait même pas nos noms de famille. Il suffisait juste de cesser de répondre à quelqu’un pour disparaître de sa vie.

Et toi derrière le téléphone tu attends des réponses qui ne viennent pas, tu n’as plus qu’à faire ton deuil de tes espoirs.

Aujourd’hui si je rencontre un mec, j’ai très vite son Facebook, son numéro, son mail, son MSN. Je peux même Googler son boulot et obtenir son adresse pro. Il faut dire que dans une autre vie j’ai fait mes armes au KGB. J’ai aussi très certainement des amis communs avec lui. On est hyper-reliés dans le fond.

Mais cela n’empêche personne de faire de la mort communicationnelle. (Notez le subtil changement de terme.) C’est toujours le pire truc au monde d’ailleurs. Car l’espoir tue.

On envoie un message, quelque soit le canal, et l’on attend. Inexorablement on attend. On n'attend pas que le monde change, non, on attend juste une réponse qui des fois ne vient pas, et ne viendra jamais.

Alcool, t’es mon seul grand amour…

Célibataires perdus, cheveux propres.


23 avr.

Sur Facebook, du nouveau

C’est la nouvelle de la journée sur les blogs, Facebook intègre désormais une messagerie instantanée. Elle marche assez bien en plus. Sobre comme un Gtalk, avec la quantité de contact d’un MSN bien fourni, et donc tous nos champions et nos potentiels en date. On va donc pouvoir mesurer lesquels de nos Friends passent leur temps sur Facebook. Niark.

Voilà donc une nouvelle étape dans la Facebook drague.

Avant c’était, je te poke, tu me pokes, je t’ajoute, tu m’acceptes, je t’envoie un message, tu réponds, réponds, et reréponds, et on s’ajoute sur MSN. Oh yeah !

Désormais cela va être, je te poke, tu me pokes, on s’ajoute, on se message. Puis quand on se croise en messagerie instantanée on se lance des « kikoo sa va ? » à la gueule, on se fait de chouettes discussions stériles, et peut-être qu'enfin un jour on passera sur MSN, oh yeah !

Encore un truc qui va me donner des idées d’articles je le sens.

Ceci dit je suis de mauvaise foi. Car j’ai un truc à confesser. Honteux le truc. Moi aussi je drague sur Facebook. Si, c’est vrai. De la manière la plus ridicule qui soit en plus.

J’ai attaqué le vampire de connard Ier avec mon propre vampire. Deux fois. Et même qu’en retour il m’a attaquée avec son zombie.


22 avr.

L'effet robe rouge

En exclu.

Connard 1er m’a donc ajoutée sur Facebook hier. Messages, on convient d’un rendez-vous vendredi prochain (le 2). Monsieur ayant une semaine de « boulot » chargée. Convenons qu’il doit plutôt y avoir une blonde dans les parages.

Pour la petite anecdote, j’étais en rouge vendredi. La fameuse robe rouge, celle avec laquelle ça marche à tous les coups.

Comme je suis en bleu sur mon avatar FB, il me rappelle cet état de fait de la robe rouge dans un message, et me demande si j’ai été traumatisée par les schtroumphs dans l’enfance. Le bleu, le rouge, tout ça. Prépa école du rire pour lui.

Il me confirme d’ailleurs que le rouge c’était « pas mal », qu’il ne faut pas que je me sente obligée de porter du gris surtout.

Grand sondage donc : des idées de couleur pour vendredi prochain ?


Ma fin du communisme

Il y a un an j’entrais dans une phase de transition : toute fin d’école, et recherche d’un avenir, rien que ça. Dossier de master 2, le cauchemar que l’on sait, recherches pour le mémoire, nostalgie des derniers partiels dans ces putains de matières dont on n’a rien à foutre.

C’était aussi les ultimes moments à partager avec les potes. Avec cette seconde famille étudiante qui allait se disséminer à droite à gauche. Week-end en kolkhoze à la campagne, où l’on chantait magiquement autour de cette table recouverte de Pastis. Soirées avec la promo, sous l’orage, pour se dire au revoir après l’ultime examen.

On était une communauté, liés les uns aux autres par un cadre commun.

Puis on est tristement passés à autre chose, avec plus ou moins de mal, en tentant, parfois avec succès, parfois non, de faire revivre cet esprit communautaire : entre chouettes week-end vitamines et réveillon sordide. On s’aime toujours autant, mais juste que ce n’est plus pareil que les emmerdes et l’incertitude ont eu un peu raison de notre insouciance. Et puis, l’avenir bordel.

Ces potes là partis de Lyon, j’ai eu la chance de recréer un petit bout de quelque chose avec ma mafia gay, que je ne remercierai jamais assez d’ailleurs. De m’avoir sauvée d’un guêpier sentimental sordide dans lequel j’ai sauté à pieds joints comme une grande, et d’une solitude presque inexorable. Francky, Charlie, leurs mecs, leur ex et les pelles de l’amitié.

LeGeek, mon padawan, me disait qu’il ne savait pas qui de moi ou de Paris était fait l’une pour l’autre. On ne le saura jamais, mais toujours est t’il qu’ici je retrouve cette douce impression que j’ai eu pendant mes 4 années d’école. Celle qui me dit que je suis là où je devrais être. Et ça, c’est quand même super chouette.

Le seul truc qui me fait bizarre c’est que j’ai l’impression de vivre la fin du communisme en URSS. (Ouais je sais j’ai des références bizarres)

D’une communauté étudiante, soudée, avec ses codes, ses rites, son langage, et mêmes ses pratiques sexuelles, tiens, je passe à l’individu. J’ai successivement un Jod (dépressif) à l’apéro, une Chérie entre deux trains pour l’Allemagne, un Pierrot qui passe à Paris pour un entretien, un Francky en week-end.

Et ça, ce n’est pas vraiment 2.0.


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