Ce matin j’ai reçu un message Facebook de Connard 1er qui proposait que l’on se voie plus tôt que vendredi.
Que ce soit clair, ce mec, c’est un connard de compétition à un point tel qu’il en devient transparent. C’est un cas d’école, un truc que j’aimerai enseigner à ma fille un jour pour lui apprendre à se méfier, et à mon fils pour qu’il soit plus subtil que ça. Regardez un peu l’artiste :
Dans son deuxième message il me propose « ce soir alors, j’aime pas le lundi soir ». Le lundi ça sonne louche pour un rendez vous amoureux, cela rime plutôt avec adultère et portes cochères.
Je râle je proteste comme quoi je serais pas présentable. Je tente de décaler au lendemain. Peine perdue, il m’annonce qu’il a un truc très important avec des gens très importants le lendemain. Au passage il me place donc l’air de rien qu’il a un taff super génial et qu’il a donc plein de pognon.
Il propose qu’on aille juste boire un verre pour ce soir et qu’on remette une vraie soirée à plus tard. Autrement dit, juste une petite pipe pour ce soir, on couchera ensemble une prochaine fois.
Je suis une kamikaze, une anthropologue des connards : j’y suis allée, comme un seul homme, le temps de changer de robe, d’enfiler des sous vêtements tous pourris en guise de pare feu (on sait jamais), un gilet, et hop là me voilà partie.
Entre temps je reçois un message de sa part qui me demande si je suis d’accord pour aller chez lui car il pleut, histoire d’alléger sa réserve d’alcool. Traduction : je veux bien coucher avec toi ce soir en fait.
Il vient me chercher au métro, on marche jusqu’à chez lui. Comme par hasard il a du champagne au frais. Le mec qui n’a pas prévu son coup du tout. Mais pas du tout.
On discute, on rigole. Il me dit qu’avec sa copine ça va pas, qu’il va la quitter, qu’elle lui a fait une crise de jalousie à cause de la « fille en rouge » à la soirée, qu’elle ne comprenait pas quand il lui disait que s’il me parlait c’était parce qu’on avait fait les mêmes études et que j’étais intéressante. Genre.
On parle de vrais trucs intéressants pour de vrai. Il me sert, et re-sert en champagne :
« Hé, essaie pas de me saouler, tu n’y arriveras pas !
- Mais pourquoi j’essaierais de te saouler ? »
Hum. Comment dire ?
A un moment, il me saute dessus. On se roule une pelle.
« Mais enfin Connard, tu m’as pas dit que tu avais une copine ?
- Ouais mais je vais la quitter…
- Elle est très très belle d’ailleurs. »
Et là, il m’a répondu cette phrase absolument mythique, que l’on peut inscrire au panthéon des goujats : « Non mais tu sais, la beauté ça fait pas la salade, j’ai envie de m’intéresser à des filles qui on des trucs à raconter. »
La salade, oui. Parfaitement.
Il devient très entreprenant. Ma robe a bien failli disparaître dans la bataille. Mais je résiste, et je lui dis que je ne couche pas le premier soir, parce que j’ai des principes. J’ai osé, je sais.
Il accepte en rechignant, en faisant tout de même de vaines tentatives. Il me raccompagne au métro, en me disant les trucs qu’il aurait aimé me faire, qu’il a envie de faire l’amour à un cerveau, que sa nana est un meuble, qu’il va la quitter, et qu’il m’appelle demain. De mon côté, je lui promets de mettre une robe jaune pour la prochaine fois qu’on se verra, ce qui l’a beaucoup fait rire, l’animal n’étant pas non plus totalement dénué d’humour.
En attendant, il l’a derrière l’oreille.